30 ans de prise de conscience de l’urgence climatique

1979 : le climatologue James Hansen publie une étude prédisant qu’un doublement de la concentration de CO2 atmosphérique par rapport au niveau pré-industriel devrait aboutir à un accroissement moyen de la température terrestre de 4°C. Ce réchauffement est 2°C plus élevé que celui estimé en 1967 par Suyukoro Manabe et Richard Wetherald. Ces résultats s’appuient sur les observations du scientifique Charles Keeling qui a prouvé, depuis le début de ses observations en Alaska en 1957, que la concentration du CO2 dans l’atmosphère augmente régulièrement.

Première Conférence mondiale sur le climatà Genève, organisée à l’initiative du Programme des Nations-Unies pour l’Environnement (PNUE), l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et le Conseil International des Unions Scientifiques (CIUS). Lancement du Programme Climatologique Mondial (PCM).

1985 : conférence mondiale sur le Climatà Villach (Autriche). Elle conclut que, du fait des "concentrations croissantes de gaz à effet de serre, (...) une augmentation de la température globale, plus importante qu’aucune dans l’histoire humaine, pourrait se produire dans la première moitié du prochain siècle".

1988 : conférence de Toronto sur "L’atmosphère en évolution : implications pour la sécurité du globe". Les scientifiques recommandent de réduire les émissions de 20% par rapport à leur niveau de 1988 d’ici l’an 2005. Création du Groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat (GIEC, IPCC en anglais).

1990 : le premier rapport d’évaluation du GIEC établit que l’humanité modifie le climat par ses émissions de gaz à effet de serre.

1992 : Sommet de la Terre à Rio. Signature de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) par 154 états (189 à ce jour). Elle prévoit de stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre à un niveau "non dangereux" et envisage une responsabilité différenciée entre pays industrialisés et pays en développement.

1995 : le second rapport du GIEC prévoit un réchauffement moyen de 1°C à 3,5 °C d’ici à 2100 et une augmentation du niveau de la mer de 15 à 95 cm.

1997 : sommet de Kyoto sur les changements climatiques. Signature du protocole de Kyoto qui engage les pays développés à réduire leurs émissions de 5 % en 2012 par rapport à 1990, instaure des obligations chiffrées de résultat pour les pays industrialisés et crée pour ces derniers le principe d’échange de tonnes équivalent CO2.Il est adopté par158 Etats (172 aujourd’hui, à l’exception des Etats-Unis).

1998 : accord de Marrakech. Les pays signataires de Kyoto peuvent réaliser une partie de leurs réductions de CO2 en finançant des projets de reboisement dans les pays du Sud.

2000 : l’Organisation météorologique mondiale déclare le XXe siècle le plus chaud du millénaire, et la décennie 1990 la plus chaude depuis 1860, date depuis laquelle on dispose de mesures fiables.

2001 : le 3e rapport du GIEC officialise pour la 1ère fois le lien de cause à effet entre l’augmentation des gaz à effet de serre et les activités humaines. Celui-ci établit que la température moyenne du globe a augmenté de 0,6°C depuis 1861, soit 0,15°C de plus que ne le prévoyait le rapport de 1995. La température moyenne du globe pourrait augmenter de 1,4°C à 5,8°C et le niveau des mers de 9 à 88 cm.

2002 : Sommet de la Terre à Johannesburg, en l’absence des Etats-Unis. Les Etats présents déclarent vouloir mettre en oeuvre une politique de développement durable et de partenariat entre le Nord et le Sud.

2004 : un rapport de l’Arctic Climate Impact Assessment (Acia) établit que l’Arctique se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète.

2005 Juillet : les Etats-Unis lancent un plan pour contourner l’après-Kyoto, aux côtés de cinq autres grands pays, le "partenariat Asie-Pacifique pour un développement propre et le climat", axé autour de l’utilisation de nouvelles technologies ; il ne comporte aucun objectif chiffré contre les émissions de gaz à effet de serre.

Août : avec la destruction de La Nouvelle-Orléans par l’ouragan Katrina, le réchauffement climatique prend une place grandissante dans le débat public.

2006 Octobre : le rapport commandé par le gouvernement britannique à Nicholas Stern, ancien économiste en chef de la Banque mondiale, estime que le réchauffement climatique pourrait coûter à l’économie mondiale jusqu’à 7 500 milliards de dollars et créer plus de 200 millions de réfugiés si les gouvernements ne prennent pas des mesures radicales au cours des dix prochaines années. Novembre : publication d’un rapport de la FAO, "Livestock’s long shadow", estimant que l’élevage est responsable de 1% des émissions de gaz à effet de serre. Décembre : dans le cadre d’un colloque de l’American Geophysical Union, le glaciologue américain Mark Serrez, de l’université du Colorado, annonce la disparition probable de la banquise arctique en période estivale dès 2040.

2007 Octobre : le prix Nobel de la Paix est attribué au GIEC et à l’ancien candidat à l’élection présidentielle Al Gore, auteur de livres et de films sur les dangers du réchauffement climatique. Novembre : le quatrième rapport du GIEC prévoit davantage d’inondations, de sécheresses, d’érosion des côtes et de violentes tempêtes. Il montre que même si l’homme réussissait aujourd’hui à ne plus consommer d’hydrocarbures, le climat continuerait à se réchauffer. Les experts recommandent aux politiques de limiter l’augmentation de la température mondiale moyenne à 2 degrés. Décembre : conférence de Bali. Les pays présents n’aboutissent pas à des objectifs chiffrés de réduction d’émissions, mais seulement à l’idée d’un processus global, regroupant pays riches et pays en développement.

2008 Mars : l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) présente un rapport préconisant une action rapide contre le changement climatique, pointant le risque de modifier de façon irréversible les conditions environnementales sur lesquelles repose le maintien de la prospérité économique. Réunion des 20 pays plus gros émetteurs de CO2 à Chiba, près de Tokyo. Les pays émergentsrappellent au Nord qu’il est le premier responsable du réchauffement climatique.
Juillet : le G8 parvient à un compromis a minima sur la réduction des émissions de CO2, la réduction de 50 % des émissions à effet de serre d’ici à 2050.
Septembre : les données mondiales sur les émissions de dioxyde de carbone pour l’année 2007 publiées par le Global Carbon Project, montrent que les émissions de CO2 excèdent largement les prévisions.

2009
Janvier : selon les dernières prévisions des experts du GIEC, l’augmentation des températures "pourrait entraîner une fonte du permafrost composant la toundra arctique, libérant des quantités importantes de méthane et de CO2 piégées dans ces sols depuis 25 000 à 50 000 ans".
Juillet : l’épaisseur de la banquise dans l’océan glacial Arctique a considérablement diminué entre 2004 et 2008, selon une étude réalisée par des chercheurs de la Nasa publiée par le "Journal of Geophysical Research-Oceans".
Septembre : à la tribune des Nations unies, la Chine prend l’engagement de réduire "notablement" la croissance de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020 comparé à 2005.
Novembre : dans son rapport annuel, le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) recommande à ses États membres de travailler à réduire la fécondité de leurs populations dans le but de diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre.
Décembre : sommet de Copenhague. La quinzième conférence des parties (COP 15) à la convention des Nations unies doit normalement se mettre d’accord sur la suite à donner au protocole de Kyoto, dont la première période d’engagement prend fin en 2012.

Source : l’express.fr

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