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Le dramatique feuilleton de l’été, qui a précipité la rentrée médiatique du Premier ministre, à la veille de l’Université d’été des Verts, n’en finit pas de susciter des remous. La publication en moins d’une semaine d’un « rapport » commandé à l’Ineris, qui a confirmé, bien au-delà de ce qui était admis jusqu’à présent, l’extrême nocivité des algues vertes qui défigurent les côtes bretonnes, puisque la santé humaine est clairement menacée aux dires des experts de l’institut, comme les mesures promises par M. François Fillon, qui a annoncé que l’Etat allait soutenir financièrement les communes qui dépensent des fortunes pour nettoyer les plages infectées, laissent en effet entières le fond du problème. Surtout si l’on prend en compte une pollution atmosphérique qui relâche chaque année, outre les nitrates directement lessivés par l’eau, près de 200 000 tonnes de nitrates supplémentaires transportés par la pluie... L’Etat va-t-il enfin se résoudre à donner un coup d’arrêt à un modèle agricole, et notamment à l’élevage intensif qui est à la racine du mal ? On n’en prend pas le chemin, et les associations bretonnes qui luttent contre les algues vertes depuis des décennies annonceront le dimanche 27 septembre 2009 lors de la manifestation qu’elles organisent dans la baie d’Hillion qu’elles vont attaquer, à nouveau, l’Etat en justice pour faire reconnaître le préjudice considérable occasionné… par le laxisme dudit Etat ! La Commission européenne appréciera…
Force symbolique des images : c’est la mort d’un cheval par asphyxie, et le sauvetage in extremis de son cavalier sur le plage de Saint-Michel en Grève le 28 juillet 2009 qui a déclenché le hourvari.
Comme chaque année, dès que la température de l’eau augmente, les algues naturellement présentes dans l’eau de mer se multiplient sur les côtes bretonnes, et viennent s’échouer sur plusieurs plages où elles se décomposent. Outre des nuisances olfactives et des coûts de ramassage colossaux pour les collectivités concernées, ces algues sont à l’origine d’émanations de gaz, et notamment d’hydrogène sulfuré (H2S), un gaz toxique et mortel à forte dose.
Une étude de l’Institut national de l’environnement et des risques (Ineris), rendue publique le 19 août 2009, réalisée à la demande du Ministère du Développement durable dans la baie de Saint-Michel en Grève où a eu lien la mort par asphyxie du cheval, a confirmé la présence des gaz issus de la décomposition des algues.
Les résultats varient d’un endroit à un autre, en fonction de l’état de décomposition mais l’Ineris signale avoir rarement rencontré des concentrations en H2S aussi élevé (jusqu’à 1.000 ppmv), et ce même en milieu industriel où il intervient principalement…
L’Ineris conclut par conséquent que le gaz émis par les sédiments contenant des algues vertes en décomposition pouvait être dangereux, et qu’il convenait d’en maîtriser les expositions, surtout pour le personnel en charge du ramassage.
« Le principal composé mis en évidence, l’hydrogène sulfuré, est toxique par inhalation et à 1.000 ppmv il peut être mortel en quelques minutes », rappelle l’Ineris.
Par ailleurs, dans un commentaire posté par M. François Bonvalot le 13 août 2009 dans le forum d’un article publié le 11 août 2009 par le Journal de l’environnement : « Algues vertes : Eau et Rivières de Bretagne dénonce l’indifférence de l’Etat »,, l’auteur souligne à juste titre un paramètre méconnu dans l’origine des marées vertes :
« La densité des élevages de porcs et de volailles en Bretagne, génère des volatilisations d’ammoniac dans l’air considérables. Ces volatilisations sont dues à des phénomènes naturels comme l’hydrolyse de l’urée, ou provoqués comme le compostage des fientes de volailles. L’hydrolyse de l’urée est irrémédiable et provoque la volatilisation de la moitié de l’azote produit par les porcs. Le compostage des fientes quant à lui rejette dans l’air 35 à 40% de l’azote des fientes sous forme là aussi d’ammoniac. La pollution de l’air en Bretagne par l’ammoniac est donc gigantesque ; or cet ammoniac s’oxyde rapidement dans l’air en nitrates qui retombent sur toute la région avec les précipitations. Cette pollution diffuse, ignorée des autorités (volontairement ?) représente plus de 200 000 tonnes de nitrates déversés sur la Bretagne chaque année par les pluies. Si cette volatilisation d’ammoniac n’est pas stoppée, les marées vertes vont continuer à bien se porter. Pourtant, il existe des procédures à respecter par les élevages pour empêcher la volatilisation de l’ammoniac et le récupérer pour le valoriser sous forme d’engrais. Mais les enjeux et les erreurs faites depuis 30 ans sur ce sujet empêchent tout développement de cette technologie propre. »
source : Bondy.com
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