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Défricher la forêt Amazonienne améliore la santé et la qualité de vie de la population Brésilienne, mais ces avancées ne sont que de courte durée, selon une nouvelle étude publiée le 12 juin dernier dans Science. La recherche, menée par une équipe internationale comprenant des chercheurs de l’Université de Cambridge et du Collège Impérial de Londres, montre que les niveaux de développement repassent bien en dessous des niveaux moyens nationaux une fois que les bûcherons et ceux qui défrichent sont partis plus loin.
Depuis 2 000, 155 000 kilomètres carrés de la forêt amazonienne brésilienne ont été abattus pour la construction, ont été brûlés ou ont laissé la place à l’agriculture. Les niveaux de déforestation se sont élevés en moyenne à plus de 1,8 million d’hectares par an (la superficie du Koweit environ), et la ligne de déforestation avance dans la forêt à un rythme de plus de quatre terrains de football chaque minute.
L’équipe en charge de cette étude a analysé les changements de la moyenne de l’espérance de vie, du taux d’alphabétisation et du revenu par personne des gens vivants dans 286 communes Brésiliennes d’Amazonie avec différents niveaux de déforestation. L’Amazonie est l’une des régions les moins développées du Brésil, mais est également l’un des endroits des plus importants au monde pour la biodiversité, le climat et des cycles biogéochimiques.
L’analyse des chercheurs a révélé que la qualité de vie des populations locales (mesurée à travers des niveaux de revenus, d’alphabétisation et de longévité, comme mentionné ci-dessus) s’améliore rapidement au cours des premiers stades de déforestation. Cela est probablement dû au fait que les gens se font un capital grâce aux ressources naturelles nouvellement disponibles, comme le bois de construction, les minéraux et la terre à pâturer, ils ont également des revenus plus élevés et de nouvelles routes qui permettent un meilleur accès à l’éducation ou aux soins, et partout aux alentours de meilleurs conditions de vie.
Cependant, les nouveaux résultats suggèrent que ces améliorations sont temporaires et que le niveau de développement repasse en dessous de la moyenne nationale une fois que les ressources naturelles de la zone ont été exploitées et que la ligne de déforestation s’étend à une terre vierge. Le niveau de vie avant et après la déforestation était dans les deux cas substantiellement inférieur au niveau moyen du Brésil, et ne se distinguait pas l’un de l’autre.
Ana Rodrigues, principale auteure de l’étude, précédemment à l’Université de Cambridge et actuellement au Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (France) a déclaré : « L’Amazonie est mondialement connue pour son incomparable valeur écologique, mais c’est également une région très pauvre. On pense généralement que remplacer la forêt par des cultures et des pâturages est le meilleur moyen pour répondre aux aspirations légitimes de la région au développement. L’étude a montré que c’était une erreur. Nous avons constaté que la déforestation apporte une véritable amélioration des revenus, de l’espérance de vie et du taux d’alphabétisation au début, mais de telles avancées ne sont pas durables. »
Un autre membre de l’équipe, le Dr Rob Ewers du Département des Sciences de la Vie au Collège Impérial de Londres ajoute : « L’expansion du développement qu’amène la déforestation dans ces régions est nette, mais nos données montrent qu’à long terme, ces bénéfices ne sont pas pérennes. En plus des questions environnementales, c’est une autre bonne raison de ne pas aller plus loin dans la déforestation de l’Amazonie, déclare-t-il. Pourtant, dans certaines régions actuellement en cours de déboisement, le processus a besoin d’être encadré pour assurer que le boom ne sera pas nécessairement suivi du déclin pour les populations locales. »
Le déclin des conditions de vie qui s’opère une fois qu’une région a été déboisée est vraisemblablement dû à l’épuisement des ressources naturelles qui supportaient l’essor à l’origine. Le bois est épuisé et la terre utilisée pour l’élevage du bétail en ranch et l’agriculture est souvent rapidement dégradée, ce qui mène à un abandon des terres à grande échelle : par exemple au début des années 90, un tiers de la zone utilisée pour les pâturages avait déjà été abandonné. Ceci est combiné à une augmentation des populations humaines comme des migrants tels que des propriétaires de ranchs, des fermiers, des colons, des métayers, des mineurs travaillant dans les mines d’or, des bûcherons et des promoteurs qui arrivent, attirés par la perspective de gains financiers rapides qu’offre la région.
Andrew Balmford, co-auteur de l’étude et Professeur de Sciences de la Conservation à l’Université de Cambridge a conclu : « La trajectoire prospérité – déclin actuelle concernant le développement en Amazonie est par conséquent néfaste pour les populations et est potentiellement désastreuse pour d’autres espèces et pour le climat mondial. Renverser cette tendance consistera à ce que des gens extérieurs à l’Amazonie prennent conscience de sa valeur pour que les conditions de vie des populations locales soient meilleures quand la forêt est laissée en l’état plutôt que lorsqu’elle est rasée.
Ce sera extrêment difficile, à la fois financièrement et pratiquement. Mais les discussions qui se tiendront d’ici à la réunion cruciale sur le changement climatique de décembre à Copenhague (réunion qui traitera du fait que les pays riches paieraient pour des pays comme le Brésil pour conserver un stock de carbone dans leurs forêts) offre la promesse que cette situation de perte infinie pourrait être prise en charge, pour le bénéfice de tous, y compris celui des autochtones Brésiliens. »
source : notre-planete.info
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