La voiture séduit de moins en moins les citadins

Pendant que les habitants des zones rurales sont condamnés à utiliser leur voiture pour se déplacer, la marche et le vélo font de nouveaux adeptes dans les villes. Prise de conscience écologique ou simple question pratique, l’utilisation des quatre-roues est en baisse dans les agglomérations françaises. A l’heure où l’instauration d’une taxe-carbone est en discussion, qui porterait notamment pour les ménages sur le carburant des transports, une étude de l’INSEE publiée vendredi révèle que l’usage de la voiture a perdu 5 % dans les villes, entre 1994 et 2008. « La voiture ne fait plus gagner autant de temps », explique l’étude. Et d’après les chiffres communiqués par l’institut, les citadins préfèrent désormais compter sur leurs propres jambes pour se déplacer. La marche à pied connaît ainsi une progression de 3 points dans les déplacements urbains alors que le vélo grimpe de son côté de 1,5 point. La part des transports en commun dans les mouvements quotidiens diminue également. Un affaiblissement en partie expliqué par la durée moyenne des trajets effectués avec ces modes de transport, passée à 33 minutes par jour contre 31 minutes en 1994. Le constat est néanmoins bien différent une fois sorti des zones urbaines. En milieu rural, la voiture représente toujours trois déplacements sur quatre. Dans ces zones, la part des déplacements en automobile a augmenté de 2 points, accompagnée par un plus grand nombre de véhicules par foyer. 68 % des personnes appartiennent en effet aujourd’hui à un ménage comptant autant de voitures que de membres adultes.

Travail, écoles, et commerces plus éloignés
Villes et campagnes ne s’opposent pas que sur le moyen de transport. « Les résidants des grandes agglomérations ont changé leurs comportements au point d’abaisser leur nombre moyen de déplacements, ce qui n’est pas le cas des ménages des espaces moins urbanisés », explique le document. Résultat, un déplacement en moins tous les cinq jours en moyenne du côté des villes. Un phénomène qu’on ne retrouve donc pas en dehors des agglomérations où la distance pour rejoindre les pôles d’activités a augmenté de 12 %. « De nombreux citadins étant partis s’installer dans la grande périphérie des villes, et nombre d’équipements ou établissements ayant fermé en zone rurale, les distances pour aller au travail, à l’école ou faire des achats se sont allongées », selon l’INSEE. Ainsi, hors des grandes agglomérations, la distance pour se rendre dans un commerce ou une école a augmenté respectivement de 29 % et 22 %.

56 minutes de déplacement quotidien
Plus globalement, l’étude souligne qu’en moyenne en 2008 les Français consacraient quotidiennement 56 minutes à leurs déplacements locaux. Et comme en 1994, il s’écoule en moyenne en semaine 7 h 45 entre le premier départ du domicile et l’ultime retour quotidien. Une nouveauté ressort en revanche de l’étude. En ville, les habitants sont plus nombreux à n’aller plus qu’une seule fois par jour sur leurs lieux d’étude ou de travail. En 1994, 36 % des actifs faisaient plusieurs fois par jour le trajet école-travail. Ils ne sont plus que 30 % en 2008. Le sandwich a encore de beaux jours devant lui.

Guillaume Rameaux
Edition France Soir du samedi 1 août 2009

Le Vignal de la Bio : Une actualité choisie et parfois commentée.
Accèder à notre rubrique actualité.